L'été des festivals vaudois

24 heures part à l'assaut des quatre plus grands festivals musicaux en plein air du canton: Caribana, le Montreux Jazz, Paléo et Rock'Oz Arènes

Vous êtes fans des Red Hot Chili Peppers mais vous n'avez pas réussi à dégoter des billets pour les voir à Paléo? Vous n'avez pas les moyens de vous offrir une place pour le concert de Ms. Lauryn Hill à Montreux? Ou vous cherchez tout simplement des bons plans où bien manger et pour pas cher? Conseils, critiques de concerts, interviews, bons plans: durant tout l'été, 24 heures vous emmène dans les quatre grands festivals musicaux en plein air du canton. Caribana (7-11 juin), le Montreux Jazz (30 juin-15 juillet), Paléo (18-23 juillet) et Rock Oz'Arènes (9-12 août) n'auront plus aucun secret pour vous. Suivez nos journalistes sur ce long format, ainsi que sur les réseaux sociaux: Facebook, Instagram et Twitter via le hashtag #24hfestivaud.

Montreux Jazz

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«Nous sommes des créatures rares»

Alt-J a imposé sa singularité au sommet de la planète electrorock. Les puissants reliefs accidentés de «Relaxer» lanceront le 30 juin le nouveau Montreux Jazz. Interview.

250 concerts à l'oeil au Montreux Jazz

Le festival a levé le voile sur son offre gratuite, conséquente et au quart suisse. A tester du 30 juin au 15 juillet.

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Des stars au bord du lac

Ta ta taaaa, ta ta ta taaaa... Tout le monde l’a en tête. Il s’agit sûrement d’un des riffs de guitare les plus célèbres de l’histoire du rock. Le titre Smoke on the Water de Deep Purple, inspiré par l’incendie du Casino de Montreux lors d’un concert de Franck Zappa en 1971, est intimement lié au destin de la Perle de la Riviera et de son fameux festival de jazz. Ce dernier, créé en 1967 par un jeune de la région fan de jazz, Claude Nobs, y attire d’ailleurs chaque année de nombreuses pointures du jazz et de la musique en général, à l’instar de Carlos Santana, Aretha Franklin, Miles Davis ou encore Freddie Mercury. Venu à Montreux en 1978, ce dernier tombe d’ailleurs littéralement amoureux du lieu. C’est là qu’il choisit alors de réaliser son dernier album avec son groupe Queen: Made in Heaven. Sa statue de bronze érigée en sa mémoire sur la place du marché en 1996, et devenue depuis l’emblème du lieu, continue d’asseoir la réputation de Montreux sur la scène musicale internationale.

Le décès en 2013 du regretté «Funky Claude», alors remplacé par Mathieu Jaton, n’a pas eu raison du MJF qui continue à dérouler chaque été son tapis rouge sur les bords du Léman. Entre les trois scènes payantes (Auditorium Stravinski, Jazz Club, Jazz Lab) et les nombreuses scènes off, les fans de jazz et de musique en général, ou les simples amateurs de caïpirinhas et d’ambiance estivale, sont toujours très nombreux à s’entasser sur les quais montreusiens durant les deux premières semaines de juillet. Soit près de 250’000 personnes. A vos éventails! Il va faire encore une fois très «show», du 30 juin au 15 juillet, à la 51e édition du Montreux Jazz Festival.

Notre journaliste commente la programmation

Une image, un souvenir

UNE IMAGE, UN SOUVENIR

Chantal Dervey, photographe à 24 heures, a capturé un instant intense avec Seal, le 21 juillet 2007:

«A Montreux et dans tous les concerts en général, les photographes de presse ont droit aux trois premiers morceaux de chaque concert pour prendre leurs images. Durant ce laps de temps, le staff ou des barrières retiennent la foule afin que les caméramans et photographes puissent travailler. Au concert de Seal, la protection s'est rompue avant la fin des trois morceaux, et les photographes se sont retrouvés pris dans la foule. Le temps d'un déclic, Seal est apparu en communion avec ses fans avant que les photographes disparaissent dans la masse compacte du public.»

UNE IMAGE, UN SOUVENIR

Chantal Dervey, photographe à 24 heures, n’a eu droit qu’à une micro-séance avec Pharrell Williams, le 7 juillet 2014:

«Bonne nouvelle, le journaliste François Barras a obtenu une interview de Pharrell Williams avec autorisation de le photographier durant l'entretien. Magnifique! Nous arrivons au backstage à l'heure dite pour l'entretien. Journalistes, caméramans et photographes attendent leur tour. Pharrell Williams accorde 10 petites minutes à chaque média à l'intérieur d'un box. Quand vient notre tour, chronomètre en main, le journaliste est invité à entrer et je suis priée de les rejoindre à la dernière minute de l'interview. 9 minutes plus tard, la porte s'ouvre, pour "la séance photo"... qui va durer 30 secondes sans un regard.»

UNE IMAGE, UN SOUVENIR

Chantal Dervey, photographe à 24 heures, a été surprise par Alvin Queen, le 8 juillet 2014:

«Durant l'après-midi, François Lindemann quartet effectue le sound check avant le concert en soirée au Montreux Jazz Club. J'en profite pour immortaliser le batteur Alvin Queen derrière sa batterie et les autres musiciens du Quartet. A un moment, arrive dans la salle Alvin Queen, hilare avec son appareil photo, car le batteur est un passionné de photographie!»

Paléo

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Bamboulé!

Un phénomène étrange se produit tous les mois de juillet dans les rues de Nyon. Une semaine durant, la ville est déserte. Plus âme qui vive, ou presque. Les Nyonnais se sont-ils tous envolés pour les tropiques? Non. Ils ne sont pas bien loin. Ils ont simplement migré vers le nord, dans une petite ville éphémère nommée Paléo. Le festival accueille chaque année 230 000 spectateurs assoiffés de concerts, de bamboula et de chopes de bière sur la bucolique plaine de L’Asse. Equipés de bottes de pluie et de k-ways (les cieux sont bien souvent capricieux), les aficionados se reconnaissent à leur cri de ralliement: Bamboulé!.

Paléo, c’est des concerts, bien sûr, mais c’est aussi (et surtout, diront certains) 220 stands de victuailles en tous genres, un lieu parsemé de copeaux de bois où l’on revoit de vieux potes perdus de vue, une parenthèse musicale au cœur de l’été. Créée en 1976 à la salle communale de Nyon sous le nom du First Folk Festival, la manifestation s’établit à Colovray, au bord du lac, avant d’investir les champs de L’Asse en 1990. Mais au fait, d’où vient le nom de Paléo, adopté en 1983? Un clin d’œil à l’Age de Pierre? Pas du tout. Paléo était le nom d’un glorieux cheval de course sur lequel Daniel Rossellat misait souvent. L’indéboulonnable directeur du festival aura réussi un autre pari: celui de créer un événement incontournable, mastodonte au coeur de l’Europe. La 42e édition de cette parenthèse estivale s’ouvrira mardi 17 juillet et se refermera dimanche 23 sous son infaillible feu d’artifice.

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Patrick Martin, photographe à 24 heures, a savouré l’ambiance du concert de La Mano Negra, en 1989:

«ll fait chaud ce soir là et La Mano Negra, qui est aux commandes, fait monter la température de 10 degrés grâce à l'énergie démente de Manu Chao, qui enchaîne ses chansons latino rock punk. Le public est chauffé à blanc... C'est l'époque où certains fans se prennent pour des parachutistes. Leur truc s'appelle le Stage Diving. Un jeune monte sur scène prend son élan en courant et saute le plus haut et loin possible dans la foule sous les yeux de Manu Chao! Bilan: un atterrissage très très moyen et une épaule cassée plus un aller simple à l'hosto. Ciao Mec...Merci qui? Merci à la Mano Negra pour ces vrais moments de rock'n'roll attitude.»

UNE IMAGE, UN SOUVENIR

Alain Rouèche, ancien photographe à 24 heures, a vécu son souvenir le plus fort avec Miles Davis, en 1990:

«Depuis l’âge de 14 ans, j’écoute Miles Davis et j’ai eu l’occasion de faire des photos une première fois à Lausanne mais dans des conditions pas drôles. Or, à Paléo, il a joué le jeu des photographes durant un long moment et ensuite s’en est suivi un concert magique sous un ciel étoilé. Et ce concert est gravé dans mon coeur depuis...»

UNE IMAGE, UN SOUVENIR

Florian Cella, photographe à 24 heures, a été particulièrement touché par Alain Bashung, le 26 juillet 2008:

«Alain Bashung était malade du cancer et apparaissait déjà très amoindri sur scène. Son crâne nu trahissait les multiples chimiothérapies qu'il avait subies et sa voix n'avait plus la tonicité qu'on lui connaissait. Ceux qui ont assisté au concert ce jour-là ont certainement senti que c'était peut-être le dernier qu'il leur était donné de voir. Un sentiment de tristesse et de ferveur incroyable sous le chapiteau. Bashung lui-même était très ému. Et bien que je ne sois pas un fan absolu du chanteur, derrière mon objectif, j'avoue que moi aussi j'ai versé une larme ce jour-là.»

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Alain Rouèche, ancien photographe à 24 heures, a eu un coup de coeur pour le trompettiste libanais Ibrahim Maalouf, en 2012:

«Un son pas possible et une sensibilité incroyable… un concert-bonheur!»

Rock Oz'Arènes

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Des riffs dans les arènes

Chaque été depuis 1992, la petite ville provinciale d’Avenches retrouve momentanément la splendeur qui était la sienne il y a de cela 2000 ans, quand elle était encore capitale de l’Helvétie romaine. Attirant près de 8000 personnes par soir, soit jusqu'à 40 000 venues assister, comme à l’époque, à des spectacles grandioses, ses arènes majestueuses font à nouveau le plein. Mais au diable les combats sanglants de gladiateurs ou autres luttes acharnées d’animaux exotiques. Désormais, c’est le rock qui rugit au fond du chaudron avenchois, faisant trembler les vieilles pierres de l’édifice. Deep Purple, Radiohead, Scorpions ou Marilyn Manson: en un quart de siècle d’existence, le Rock Oz’ a attiré dans la Broye une foule énorme de légendes du rock’n’roll, du vrai!

N’en déplaise aux mauvaises langues qui disent qu’en élargissant, depuis quelques années, sa programmation à d’autres genres musicaux tel que l’électro ou la musique française, le festival a perdu sa vocation de départ. «Le rock fait et fera toujours partie de la fête», comme le clame chaque année sa directrice de toujours, Charlotte Carrel, lorsqu’on lui fait la remarque. Ce qui est sûr c’est que le petit festival humanitaire des débuts mis sur pied par une bande de potes s’est aujourd’hui fait une place dans la cour des grands. Et ce tout en ayant su préserver son esprit convivial, amical et bon enfant des débuts qui fait sa réputation. Que les amateurs de rock, de musique en général, ou les amoureux de vieilles pierres se tiennent prêts: Rock Oz’Arènes, 26e du nom, revient du 9 au 12 août.

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Thierry Grobet, ancien photographe à 24 heures, a eu droit à une “dédicace” de la part de Marilyn Manson, le 17 août 2005:

«Devant des arènes combles et dans une ambiance électrique suite aux nombreuses pressions visant l'annulation de son concert, Marilyn Manson est apparu, en grande forme. Nous étions pas mal de photographes au pied de la scène, mitraillant à tout va car le temps nous était compté. En effet, à peine la dernière note de la deuxième chanson avait-elle retenti que les gardes du corps de sa diabolique majesté nous poussèrent dehors sans trop de ménagement. Marilyn Manson a tout de même eu le temps de me cracher dessus au passage...quel satané honneur!»

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Jean-Paul Guinnard, photographe à 24 heures, a été témoin de l’atmosphère ensoleillée créée par Manu Chao, le 17 août 2003:

«Il avait plu toute la nuit et les arènes étaient vides. Elles se sont remplies juste avant le concert. Tout le concert s’est déroulé sous une pluie battante et les spectateurs étaient trempés jusqu’aux os. Mais il y avait une ambiance de fou.»

Caribana

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Un festival muy caliente

Les bords du Léman n’ont peut-être pas (tous) les attraits des Caraïbes mais, le temps de cinq jours de festival muy caliente, Caribana forme une oasis tropicale où les festivaliers assistent à des concerts endiablés en sirotant des cocktails pendant que les moustiques sirotent leur bloody nectar. Depuis 1990, les berges du lac de Crans-près-Céligny hébergent cet événement musical «à taille humaine» concocté par une équipe de bénévoles avec, à la barre, Tony Lerch. Surnommé le «petit frère de Paléo», Caribana n’a pas à rougir de ses têtes d’affiche: Deep Purple, Patti Smith ou The Queen of the Stone Age ont rugi au bordul’.

Se posant aussi en déficheur de talents, le festival est toujours en quête de pépites à offrir à ses 35 000 festivaliers. Une jolie réussite pour cette manifestation qui n’aura connu qu’une seule interruption, en 1991, lorsque ses organisateurs se voient confier l’organisation des festivités locales du 700e anniversaire de la Confédération. Depuis sa création, Caribana a progressivement ajouté de nouvelles cordes à son arc: déménagement sur sa parcelle actuelle en 1995, naissance d’une seconde scène et apparition du blues en 1997, augmentation du nombre de soirées. Pour cette 27e édition, du 7 au 11 juin, rien de nouveau sous le soleil. Mais les organisateurs nous promettent des soirées éclectiques où se succèderont Sum 41, Roger Hodgson, le Beau Lac de Bâle ou encore Fakear.

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Alain Rouèche, ancien photographe à 24 heures, a assisté à une danse impromptue lors de l’unique concert en Suisse de Zouk Machine, en 1995:

«Des gens sympas, un concert super festif et Mama Zouk qui invite Boris Lerch, le père du directeur du festival à danser sur scène… moment imprévu et très fun...»

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Alain Rouèche, ancien photographe à 24 heures, a savouré le célébrissime riff de Deep Purple, en 2010:

«Deep Purple et une grosse envie d’un Smoke on the Water en direct au bord du lac… tout simplement après un infarctus...»