Un été au
Grand Nord


Après sept semaines de reportage, les équipes de 24 heures revenues des contrées arctiques tirent le bilan d’une aventure riche en rencontres et en enseignements

Thierry Meyer
Rédacteur en chef

Partir, rencontrer, témoigner. Cet été, la rédaction de 24 heures vous a proposé un feuilleton journalistique inédit: sept semaines de reportages dans les régions arctiques, là où la planète bleue se réchauffe plus vite qu’ailleurs. Dans ces contrées où tout est plus extrême, il fallait aller voir comment on vit, quelles sont les préoccupations du moment, comment la nature se transforme et comment l’être humain fait face. Nous avions une intuition: l’aventure serait forte et riche. Cette certitude s’est vérifiée. Les autres? Bousculées souvent, contestées parfois, complétées à chaque instant par l’expérience irremplaçable du terrain.

Du nord de l’Allemagne au cœur de l’Alaska, des glaces du Svalbard aux marécages de Tcherski, nos sept équipes de journalistes, d’étudiants et d’invités ont rencontré certains des scientifiques les plus en pointe dans leur domaine – mais aussi des personnages hors du temps, parfois figés dans un passé qu’on croyait révolu. Elles ont aussi vécu des instants rares, festin de renne cru dans une tribu nénètse, escapade paradisiaque dans les étendues sauvages du Poutorana, guitare et chant au milieu de la nuit sans nuit sur un toit de Norilsk l’industrielle, visite d’une ville fantôme au Spitzberg; la liste est trop longue pour l’exposer ici en sa totalité.

Cinquante pages, un webdocumentaire, un carnet de route en ligne, des centaines de photos, une dizaine de vidéos n’ont pas suffi à rendre compte de ce voyage hors du commun. Quel bilan en tirer? Qu’avons-nous appris? Les articles suivants tentent d’apporter à ce projet une conclusion cohérente, à mettre de l’ordre dans nos impressions, à retracer les fondamentaux d’un exercice dont celles et ceux qui y ont participé sont revenus les yeux brillants de passion. Puissions-nous avoir réussi à vous la faire partager.